La chrysomèle rayée du concombre arrive dans la Baie des Chaleurs

La chrysomèle rayée du concombre

Cet été, je vous invite à vous préparer pour et à surveiller l’arrivée d’un nouvel insecte ravageur dans la Baie des Chaleurs: la chrysomèle rayée du concombre.  C’est un ravageur des cucurbitacae (concombre, melon, courge et courgette) qui a le potentiel de faire beaucoup de dommage.  Comme le doryphore (« bibitte à patate »), c’est un insecte très mobile, qui se reproduit rapidement, qui a peu de prédateur, et dont la population a donc le potentiel de croître rapidement.  On l’as rapporté à Nouvelle en 2011, et à Caplan en 2012.

Ma collègue Carole Chartier, dont le jardin est à peine à quelques kilomètre de chez moi, a subi une infestation sévère la saison dernière.  Jusqu’à date, j’ai été épargné sur ma ferme, mais ça pourrait changer rapidement.  Considérant que j’augmente significativement ma culture de concombre et de courge d’hiver cette année, je suis inquiet.  La chrysomèle transporte avec elle la flétrissure bactérienne, qui peut décimer une culture de cucurbit en quelques jours seulement.  Avec un peu de chance, je serais épargné une autre saison!

J’invite donc tout les jardiniers et maraîchers de la Baie à apprendre à l’identifier, et à communiquer sa présence chez vous à vos collègues de la région afin que l’on puisse suivre sa progression.

Un excellente ressource en français: http://eap.mcgill.ca/agrobio/ab320-07.htm


Blogues

Depuis que je m’intéresse au maraîchage biologique, j’ai un petit plaisir coupable.  J’aime lire les blogues de ferme.  Il y a quelque chose de particulièrement … apaisant? réconfortant? à lire les tribulations, les joies et les misères de mes collègues.  Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous deux blogues (en anglais, malheureusement) que je trouve particulièrement inspirant.

Celui que je considère comme mon mentor virtuel est Mike de Tiny Farm.  Il néglige beaucoup son blogue depuis 2-3 ans, alors je vous conseil de lire les archives de la période 2006-2009, où il était vraiment à son top en terme de publication.  Il y a quelque chose dans ses photos, la candeurs avec laquelle il décrit les imperfections de son aventure agricole, et son attitude toujours positive qui me réconforte.  À chaque fois que j’ai les blues, je vais faire un petit tour sur son blog et je lis quelques articles.  C’est drôle, ça m’apaise.  Je vous le recommende fortement.

Un autre blogue que j’aime beaucoup est celui de Oakhill Organics.  C’est une ferme très diversifiée en Orégon, qui fait maintenant un « whole diet CSA », c’est à dire qu’ils fournissent, en plus des légumes, des grains, des fruits, de la viande, des oeufs et des produits laitiers.  C’est assez particulier, et il est très intéressant de suivre ce qu’ils font.  Katie, la co-propriétaire, a une plume particulièrement habile, et ses billets sont toujours bien écrits, bien sentis.

Il y a des tonnes d’autres blogues de ferme sur le web, certains très bons aussi, la plupart négligés (l’agriculture ne laisse pas beaucoup de place à l’écriture!), mais c’est les deux auquels je reviens toujours.


Canada Crookneck

J’en parle souvent, j’aimerais éventuellement m’approvisionner en semence à pollinisation ouverte chez des semenciers-artisans pour une partie significative de mes cultures.  Dans les fait, je commande encore la grosse majorité de ma semence (principalement des hybrides) chez les semenciers commerciaux.  C’est que pour la plupart de mes cultures, les volumes de semence que j’achète ne sont tous simplement pas disponibles chez les semenciers-artisans (par exemple, j’achète ma semences de carotte en sac de 10,000 ou de 100,000).  De plus, pour un bon nombre de cultures, les variétés les plus performantes sont souvent des hybrides qui sont disponibles seulement chez les grands distributeurs.  Il reste quand même un certain nombre de culture pour lesquelles les variétés à pollinisation ouvertes sont tout à fait indiquées, et pour lesquelles le volume de semence à acheter est raisonnable.  C’est le cas, notamment, des courges d’hiver.

Samedi dernier, au Gardener’s Forum de Hopetown, la conférencière Lyne Bellemare de Semences du patrimoine a présenté quelques exemples de sauvegarde de variété de légume du patrimoine.  Il était question, notamment, de la courge d’hiver Canada Crookneck.

Squash_Canada_Crookneck

Il s’agit d’une courge de l’espèce Cucurbita moschata, de la famille bien connue des butternuts.  Les butternuts sont, d’ailleur, une de mes courges d’hiver préférée, à la chair très sucrée d’une texture crémeuse.  C’est aussi une de celle qui se vend le mieux, et j’ai décidé d’en faire pousser une bonne quantité cette saison, afin d’en offrir durant les marchés d’automne et d’approvionner Baie des saveurs une partie de l’hiver.

La Canada Crookneck est réputée avoir un goût et une texture supérieur à la buttenut conventionnelle.  Elle a, par contre, un défaut fatal: son long cou, relativement mince, est apparement très cassable, ce qui rend sa manutention risquée.  En conséquence, elle a cessée d’être cultivée commercialement, et elle a pratiquement disparu des catalogues de semence il y a belle lurette.  Éventuellement, elle a été adoptée par le projet Ark of Taste de l’organisme Slow Food USA, qui a jugé que cette variété de courge méritait d’être sauvée de l’extinction vu ses qualités gustative particulière.

Comme maraîcher de proximité, c’est important pour moi d’offir à mes clients des produits qui se démarquent, et le goût des légumes que je produis est très important à ce niveau.  J’ai donc décidé de faire l’essai de cette vieille variété la saison prochaine.  Je vais planter environ 15% de mes butternut en Canada Crookneck.  Je n’ai aucune espèce d’idée des résultats.  Est-ce qu’elle va produire dans mes conditions?  Sera-t’elle aussi savoureuse que l’on le prétend?  On verra.  Si vous êtes curieux, venez nous visiter cet automne, au kioske de la ferme ou au marché, et demandez-nous une Canada Crookneck.  Et tiens, pourquoi pas, faites le test et comparez la à une butternut conventionnelle.  Vous m’en donnerz des nouvelles.  Qui sais, peut-être que j’en ferais « ma » variété de butternut dans le futur!

Pour en savoir plus sur la Canada Crookneck, je vous invite à consulter les articles suivants:

Si, par aventure, vous seriez tenté par la culture de la Canada Crookneck, la semence est disponible chez les artisans suivants:


Conférence sur le jardinage commercial

Samedi dernier, j’étais conférencier invité au Gardener’s Forum de Hopetown.  On m’as demandé de faire une conférence sur le jardinage commercial, ou, si vous préférez, sur le maraîchage diversifié sur petite surface.  C’est un sujet qui est à la mode ces temps-ci; mon ami Jean-Martin est partout dans les médias pour faire la promotion de son nouveau livre, Le jardinier-maraîcher (que je recommende très chaudement, d’ailleurs).  Je suis très heureux qu’on me donne l’opportunité de faire partie du mouvement et de prêcher à mon tour!  :)

En plus de ma conférence, ma brune et moi étions là pour la promotion de Baie des saveurs.  Ce fut une excellente journée.  À vue de nez, environ 75 personnes sont passé dans la journée, ce qui est excellent pour la première édition d’un événement régional.  Je salue d’ailleurs le travail des organisateurs (David, Jennifer, Wendy et cie), qui ont fait vraiment un bon travail.  La journée était très conviviale, et tout s’est vraiment passé à merveille.

Ma présentation a attiré un peu plus d’une trentaire de personne, ce qui est franchement surprenant.  Je ne croyais pas qu’autant de personne puissent s’intéresser au jardinage-maraîchage comme entreprise.  C’est vraiment fantastique!

Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’événement, je n’ai pas pû faire le tour de la matière, faute de temps.  On m’as donné une heure, j’aurais pu facilement en remplir une deuxième.  Pour tout ceux qui auraient voulu entendre la deuxième moitié de ma conférence, et pour le bénéfice de ceux qui n’était pas là, je met mes diapos en lignes.

Le jardinage commercial – Market Farming – 2013


Atelier sur le démarrage des semis

Vendredi le 15 mars 2013 à 19h, à la salle 209 du CÉGEP, je donne une conférence sur le démarrage des semis pour la Société horticole Les cols verts de Carleton-sur-Mer.  Je vais traiter des techniques que j’utilise pour démarrer mes semis, les paramètres à surveiller, et les principaux problèmes qui peuvent survenir.  Je vais aussi apporter avec moi du matériel de démarrage (plateaux multi-cellule, terreau, perlite/vermiculite, mycorhize, vermicompost, etc) afin de rendre la présentation plus dynamique.  Un échange de semence est aussi prévu avant le début de la conférence.

C’est la première conférence que je donne dans ma nouvelle carrière de maraîcher.  Ça me fait drôle d’être inviter comme conférencier, parce que je me considère encore comme un débutant dans le métier!  Sûrement que la Société horticole compte de nombreux jardiniers d’expérience.  J’espère que ma conférence sera à la hauteur!  :)

J’ai préparé des notes écrites pour ma présentation.  Puisque ça peut toujours être utile, je les mets en ligne pour le bénéfice de tous.


Commande William Dam 2013

Commande William Dam 2013

La commande de semence chez William Dam est arrivé!  À chaque année, c’est un vrai bonheur.

Cette année, j’ai concentré mes commandes chez seulement deux semenciers: William Dam (de l’Ontario), et Johnny’s (des États-Unis).  Ce sont deux semenciers qui se spécialisent dans les semences biologiques ou non-traitées, et qui s’adresse spécifiquement au producteurs maraîchers de petite et moyenne taille.  Pour une raison que j’ignore, je suis particulièrement attaché à William Dam.  Ils ont un petit charme old-fashioned, et l’aspect familial de leur entreprise m’interpelle beaucoup.  Jusqu’à date, la qualité de leurs semences ne m’as jamais déçu.  Pour les semence que j’achète en grosses quantité (comme les carottes ou les betteraves), Johnny’s est beaucoup moins cher, mais la sélection de choux et de concombre de serre est plus intéressante chez Dam.

Je me dis toujours que je vais augmenter la quantité de semence que j’achète de semenciers-artisan du Québec, mais je ne tiens pas promesse.  À part la magnifique laitue Merlot (la plus rouge de toute) et quelques variétés de courges d’hiver que j’ai pris à La société des plantes cette année, toute ma semence vient de ces deux distributeurs hors-Québec.  Il faudrait bien que je m’y mette un jour …

En 2013, venant de chez Dam, je met à l’essai la carotte Sprint, apparement prêt à récolter en 42 jours.  Je n’y crois pas vraiment, les catalogues de semence sont toujours trop optimiste avec leurs estimations pour le nombre de jours à maturité, mais on verra bien.  Si ils ont raison, j’aurais des carottes à vendre à St-Jean.

Cette année, je suis quelques semaines en retard avec mes commandes de semence; habituellement, j’aime bien commander ma semence au début du mois de janvier, pour être certain d’avoir les variétés que je veux.  Mais cet hiver, je me suis mis au repos complet du 15 décembre à la fin de janvier pour récupérer de la saison 2012, qui fût particulièrement « rock’n roll ».  Maintenant que mes batteries sont bien rechargées, je m’y remet, la pédale au tapis!


Planification 2013

Contrairement à ce que plusieurs pensent, les maraîchers ne chôment pas l’hiver.  Il y a toujours du travail à faire sur la ferme.  En plus de la maintenance des bâtiments, de la réparation des outils et du ménage à faire dans le garage et dans les serres, on en profite pour faire le travail de bureau qui s’accumule durant la saison estivale.  États financiers, plan d’affaire, taxes foncières, demande de subvention, numéro d’employeur, enregistrement à la CSST, certificat d’autorisation environmental, certification biologique, et autres tracasseries bureaucratiques.  Sans compter de nombreuses formations et séminaires …  Disons qu’on est quand même pas mal occupé à ce temps-ci de l’année!

Mais l’hiver, c’est aussi le temps de faire une job que j’aime par dessus tout.  Une production maraîchère réussie, ça commence en janvier, et ça se travail à l’ordinateur.  C’est la planification des cultures, une étape cruciale de la saison.

Une production maraîchère diversifiée, c’est une machine très, très complexe.  En 2013, je vais produire 20 types de légumes différents (plus d’une soixantaine de variétés en tout), chacun avec leur particularités.  Pour avoir un approvisionnement constant tout au long de la saison, il faut faire les semis au bon moment: ni trop tôt, ni trop tard.  Il faut aussi calculer les besoin en main-d’oeuvre, outils, fertilisant et semence, et s’assurer qu’ils soient disponible au moment précis où on en a besoin.  Disons qu’il y a beaucoup de détails à tenir en compte.

En pleine saison, tout se bouscule.  La quantité de travail à faire dépasse toujours notre capacité; les journées ne sont jamais assez longue.  Sans compter l’épuisement avec lequel on vit de la mi-mai à la fin octobre, et qui nous empêche de penser clairement.  Pour être sûr que tout s’aligne correctement, il faut s’organiser pour avoir le minimum de décision à prendre l’été, et le miminum de surprise à gérer.

Et voilà pourquoi la planification des cultures est si importante.  Certains maraîchers travaillent de façon intuitive, et réussissent une bonne production sans trop de planification.  Tant mieux pour eux, je ne suis pas rendu là.  Pour ma quiétude et ma paix d’esprit, je préfère tout planifier d’avance.  D’ailleurs, j’attribue une bonne partie de mon succès relatif des deux premières saisons à la qualité de ma planification.  Je ne veux pas être prétentieux, mais peu de maraîchers débutants réussissent aussi bien que moi à leurs premières saisons.

Pour le bénéfice de ceux que ça intéresse, et pour vous donner un coup d’oeil sur ce que cette étape implique, voiçi la feuille de calcul avec laquelle je planifie ma saison.

Je raffine ma méthode de planification depuis trois ans.  À l’origine, je me suis basé sur un excellent livre écrits par deux québécois, Crop Planning for Organic Vegetables Growers, que je recommende fortement à tout les producteurs débutants.  Depuis, j’ai adapté et bonifier leur formule pour mieux convenir à ma façon de m’organiser.

Pour ceux que ça intéresse, si vous avez des questions, elles sont bienvenues.  Je suis toujours heureux de partager mon expérience. En tout cas, jusqu’à la mi-avril … après, je serais au champ!  :)


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