Le réveil

Ruisseau au printemps

Le dégel du ruisseau au printemps

Un des signes qui ne trompe pas pour nous avertir de l’arrivée du printemps, c’est le dégel des ruisseaux.  Avec la température douce des derniers jours, les ruisseaux sur ma terre ont commencés à couler.  En effet, la terre que je vais cultiver est parcourue de ruisseaux qui drainent la côte de l’autre côté du chemin de fer.  Il y a beaucoup d’eau sur la terre, ce qui est généralement une bonne chose pour la culture des légumes.  Mais on est encore loin du début de la saison, bien que le couvert fonde à vue d’oeil.  Pour le moment, j’observe le printemps qui arrive à grand pas, et je marche sur la terre presque tout les jours à pensant à la saison qui vient …


Les cormes de l’ail éléphant

Il y a quelques années, j’ai acheté de la semence d’ail éléphant dans un centre de jardin.  Trois bulbes gigantesques, gros comme une balle de golf, pour 10$.  La culture de l’ail ne faisait pas partie de mon répertoire, mais j’étais vraiment intrigué.  La première saison n’as pas été fameuse; j’ai semé mes bulbes en juin, tandis que j’aurais dû le faire l’automne, ou à la fin d’avril au plus tard.  Ils n’ont rien produit.

Les bulbes ayant resté en terre, j’ai malgré tout récolté trois beaux bulbes l’année suivante.  J’en ai donné à mon père, qui l’a semé dans son jardin içi en Gaspésie.  Il a resemé sa récolte 2010 l’automne dernier.  Avec un peu de chance, la récolte 2011 sera assez bonne pour me « partir » en semence d’ail éléphant cet automne.

L’ail éléphant, allium ampeloprasum var. ampeloprasum, n’est pas de la même espèce que l’ail commune, allium sativum.  C’est plutôt iun très proche parent du poireau.  Mais le goût et l’apparence se rapprochent beaucoup plus de l’ail que du poireau, d’où le nom.  Les gros bulbes sont facile à cuisiner entier, en légume rôti par exemple, où son doux plus goût peut être apprécier à part entière.

Un des particularités botanique de l’ail éléphant est la présence de cormes, de très petite gousse dans un écaille très dure, attachés par la racine à la base du bulbe lors de la récolte.

Cormes d'ail éléphant

Içi, 27 cormes qui ont vernalisés dans mon frigo cet hiver.  Je viens tout juste de les sortir pour les faire tremper pendant la nuit.  Préalablement, j’ai entamé l’écaille dure avec un petit coup de ciseau à la base.  Demain, après qu’ils se soient humectés d’un peu d’eau, je vais les planter dans le terreau à semis, en espérant qu’ils pointent d’içi la fin avril.  Je les transplanterais au jardin fin avril, dans une section près de la remise sur laquelle je pourrais garder un oeil cet été.

Cormes d'ail éléphant, à l'échelle

Cormes d'ail éléphant, à l'échelle

Içi, la même prise de vue avec un dix sous pour montrer l’échelle.  Les cormes prennent deux ou trois ans à former un bulbe mature.  Quand même, c’est une bonne façon d’augmenter son stock de semence, vu le prix prohibitif qu’on en demande chez les semencier!  🙂

Une autre expérience à suivre …


Ça pousse!

Semis d'oignons 2011

Ça pousse les oignons!

Sous la brutale lampe MH, les oignons poussent à une vitesse folle. Ils semblent apprécier les températures fraîches et sec de la cave (18°C le jour, 10°C la nuit, 60% d’humidité).  Ils ont germés il n’y pas deux semaines, et déjà un petit « gazon » se forme sur les plateaux multicellules.  Le taux de germination m’apparaît bon, environ 80% à vue de nez.   Comme premier semis cette année, c’est très satisfaisant!  Quand même, j’ai peur qu’ils étiolent avant longtemps, je vais donc les rabattre (les tailler) d’içi une semaine ou deux.

La semaine prochaine, je vais semer un plateau de choux et plateau de fines herbes.  Les choux semés en mars seront prêt à être transplanté sous couverture flottante au début du mois de mai, ce qui est vraiment ambitieux.  Je n’attend pas grand chose de ce semis, c’est une expérience pour voir si ils vont réussir, et si le gain de hâtivité en vaut la peine.  Les fines herbes sont pour la rocaille de la maison, pas pour le jardin commercial.  La plupart des espèces méditéranéennes (thym, origan, lavande et compagnie) prennent plusieurs semaines à germer, il faut donc prévoir les commencer tôt.  Je vais d’ailleurs les garder bien au chaud dans le salon, puisque la cave serait trop fraîche.

Cette après-midi, j’ai profité d’un beau soleil et d’un clément -5°C pour allez faire une reconnaissance au champ.  C’est le futur brise-vent qui occupait mon esprit.  J’espère l’implanter cet automne, ou au printemp 2012.  La « ligne » entre mon champ et celui du voisin est colonisé par de l’aulne, et des sapins ont été planté sur une section.  Habituellement, il faudrait couper tout ça pour partir en neuf, mais j’ai des réserves.  Je vais devoir consulter un technicien agricole expérimenté en brise-vent pour trouver conseils.  D’ailleurs, tout cela attendra la décision de la CPTAQ: si je ne peux pas acheter la terre, ce n’est pas évident que je pourrais y implanter un brise-vent.  Histoire à suivre …


Planification 2011

Ça y est!  La saison est commencée.  À tout le moins, elle est commencé à l’intérieur, et sur papier.

La planification des cultures est la tâche la plus importante à faire hors-saison pour un agriculteur.  Objectifs financiers, planification de la rotation des cultures, commandes de semence, calendrier des travaux au champ, tout y passe.  Habituellement, le producteur à son affaire aurait fini sa planification en janvier, peut-être même avant les Fêtes.  Je ne suis pas aussi discipliné; je viens tout juste de terminer la mienne pour 2011.  😀

C’est un exercice complexe, en particulier pour un producteur maraîcher diversifié.  Les légumes que je vais cultiver ont des besoins qui varient beaucoup de l’un à l’autre.  Date de semis, date de transplantation, exigence en terme de fertilité, date de récolte, etc.  Il y a beaucoup de variables à considérer.  Pour ma première saison, j’ai fait un effort pour restreindre le nombre d’espèces et de variétés que je vais cultiver, pour ne pas m’éparpiller.  Je veux pouvoir me concentrer sur un nombre (relativement) petit de cultures, les suivre avec attention et apprendre.  Malgré tout, c’était plus fort que moi lorsque j’ai fait mes commandes de semences, j’ai cédé un peu et j’ai mis plus de variétés dans mon panier qu’il n’est vraiment raisonnable.  Un pêché que tout les jardiniers passionnés connaissent!  Donc, cet été je vais cultiver 15 espèces différentes, pour un total de 32 variétés.

Le meilleur outil pour la planification des cultures, c’est l’ordinateur.  L’agriculture, cette vocation millénaire, en profite donc elle aussi.  Un tableur, comme OpenOffice ou Excel, est l’idéal pour cette tâche.  Personnellement, j’ai choisi d’utiliser le tableur de Google Documents, qui s’utilise directement en ligne sur le web, via son compte GMail.  Le tableur de Google Docs ne dispose pas de certains outils avancés, mais les fonctionnalités sont amplement suffisantes pour l’usage que j’en fait.  Le plus gros avantage d’utiliser Google Docs, c’est qu’il est en ligne.  Pas besoin de transférer les documents d’un ordinateur à l’autre, ils sont accessible partout où il y a de l’Internet.  Pas besoin de faire de sauvegarde non plus, puisque Google Docs intègre une très puissante fonction d’historique (on peut revenir en arrière facilement).  Mais surtout, pour ceux qui travaillent en équipe, on peut éditer un documents collaborativement, plusieurs à la fois, et les changements sont propagés automatiquement à tout le monde.  Vraiment super!

Voiçi donc, pour ceux que ça intéresse, ma planification pour 2011.  J’ai utilisé la méthode Brisebois-Thériault, qui est documenté en détail dans le livre Crop Planning for Organic Vegetable Growers.  D’ailleurs, j’ai travaillé avec Dan Brisebois l’été dernier à la Ferme Tourne-Sol, et ce fût une expérience très instructive.  Ma planification n’est pas encore tout à fait terminée, il me reste encore à préparer le calendrier des semis intérieurs (ça presse!), mais ça devrait donner une certaine idée de ce que je vais faire la saison prochaine.

Ce que j’aime en particulier de la méthode Brisebois-Thériault, c’est qu’on part avec les objectifs financiers, et on planifie les cultures en conséquence.  C’est contre-intuitif au départ, mais c’est vraiment la meilleure façon de procéder.  Dans mon cas, je n’ai pas besoin des revenus de la ferme pour subvenir à mes besoins (j’ai un emploi à temps plein, je cultive à temps partiel).  Mais pour ceux qui gagnent leurs vies de l’agriculture, c’est précisement ce qu’il faut faire pour s’assurer de cultiver de façon rentable.  Mes objectifs financiers pour 2011 sont évidemment très discutables et sujet à changement, puisque je n’ai aucune idée du rendement que j’aurai, des dates exactes où je pourrais récolter mes produits, et ainsi de suite.  Je considère la saison 2011 comme une expérience pour apprendre.  Si je fais mes frais, tant mieux.  Autrement, tant pis.  Au moins, j’aurai appris quelque chose!  🙂

Quelques détails sur ma planification:

  • Je vais cultiver une parcelle de 320′ x 40′;
  • La parcelle sera divisée en huit planches de 5′ de large par 320′ de long (donc, 2560′ de planche);
  • Les planches seront divisées en deux sections: 120′, et 200′;
  • En général, je ne vais cultiver qu’un seul légume par section;
  • Les premiers légumes à être transplanter seront les oignons, le 2 mai (c’est très optimiste comme date!);
  • Je vais vendre mes légumes au marché public pendant douze semaines cette saison, s’étalant du début juillet jusqu’à la mi-septembre.

Les légumes que j’ai l’intention de cultiver:

  • Laitues (rouges et vertes);
  • Radis;
  • Betteraves (rouges, jaunes, striées et blanches);
  • Choux;
  • Broccolis;
  • Oignons jaunes et rouges;
  • Oignons verts (e.g. « échalottes »);
  • Pommes de terre nouvelle (rouges) et de conservation (blanches);
  • Haricots (« fèves ») verts et jaunes;
  • Petit-pois mange-tout « Sugar Snap »;
  • Tomates « Stupice« ;
  • Patates douces (mon projet de légume exotique pour la saison!);
  • Quelques fleurs coupées (le projet de ma fille Marilou).

Je reviendrai sur certains aspects de ma planification dans un futur article de blog.  En attendant, je n’en peux plus de faire de l’agriculture sur l’ordinateur.  Je veux sortir et travailler dans le champ!!!  🙂


Substituer le soleil

Cette année, je n’ai pas de serre, ce qui veux dire que je dois démarrer mes semis à l’intérieur de la maison.  Qui dit semis intérieur dit éclairage artificiel.  Même si j’ai de grandes fenêtres dans mon salon qui donnent directement au sud, ce ne serait pas suffisant pour produire des semis sains et vigoureux.  Les journées sont trop courtes, et le soleil qui entre par les fenêtres de la maison pas suffisament fort pour satisfaire aux besoins en lumière de jeunes plantes en pleine croissance.  Ceux-ci étioleraient, c’est à dire qu’il pousseraient tout en hauteur à la recherche du soleil, manqueraient de vigueur, et éventuellement s’effondreraient.  Je le sais par expérience.  😦

Comme source d’éclairage, les petits producteurs mettent habituellement leuss semis intérieurs sous des néons, le même genre qu’on utilise dans les bureaux et les commerces.  « Ça fait la job », comme on dit, mais le nec plus ultra, c’est les ampoules à décharge à haute intensité (DHI), et en particulier celle aux halogénures métallisés (MH).  Ce sont des ampoules de très hautes intensités (jusqu’à 1000W) qui produisent une lumière très près de celle du soleil.  Pas aussi bon que le soleil lui-même, mais presque!

Semis à la cave

Içi, mes semis d’oignons se font bronzer dans ma cave sous une ampoule MH 1000W.  La photo ne rend pas justice à l’ampoule, dont l’intensité est vraiment brutale.  Mais apparement, c’est ce qu’il faut pour des semis de première qualité: plus de lumière, plus de photosynthèse, plus de croissance.  J’ai acheté mon ensemble d’éclairage chez Qué-Pousse à Laval.  On m’as vraiment bien conseillé, ils connaissent leurs affaires.  L’ampoule, le ballast et le réflecteur m’ont coûté 250$ au total.  C’est du fric, mais je devrais pouvoir réutiliser le kit pendant plusieurs saisons.  Et d’après ce qu’on dit, les transplants qui ont poussé sous une lampe MH sont les meilleurs.  On verra bien au mois de mai si l’investissement en valait la peine!  🙂


2592 oignons

2592 oignons

Semis d'oignons 2011

Cette semaine, j’ai fait mes semis d’oignons.  Les oignons sont les premiers à être démarrer, puisqu’ils doivent être transplanté au début de mai à l’âge de 10 semaines.  Cette année, j’essaie trois cultivars: Norstar, réputé très hâtif, Cortland, un oignon jaune de très longue conservation, et Red Wing, un rouge.

La plupart des maraîchers dans ma région utilisent plutôt des oignonnets.  J’ai opté pour des semis.  C’est plus compliqué à produire, mais ça m’as semblé la chose à faire.  J’espère que je ne regretterais pas!  🙂

Sur la photos, neuf plateaux de 72 cellules à quatre graines par plateaux, donc 2592 oignons.  Hors champs, il y a trois autres plateaux, pour un grand total de 3456 oignons.  Ouf!


La ferme en hiver

Hier après-midi, par un beau dimanche ensoleillé, j’ai pris quelques photos de la terre que je vais cultiver l’été prochain.

Cette photo a été prise sur le point le plus haut de la terre, en faisant face au sud-ouest.  En premier plan, la remise à machinerie qui va devenir ma base d’opération temporaire pour la saison prochaine; je vais cultiver une parcelle de 40′ par 320′ directement face à celle-ci.  Derrière la remise, mon garage et la vieille grange, qui cache ma résidence.  Au loin, derrière tout les bâtiments, on peut voir la Baie-des-Chaleurs.  La photo couvre à peu près un tier de la superficie totale de la terre.

Une photo prise juste derrière la remise, en faisant face au nord.  Encore une fois, c’est la parcelle que je vais cultiver l’été prochain, mais vu de l’autre côté.  Zachary m’accompagnait, et en a profité pour jouer dans la neige avec les chiens.

La remise, en hiver

Un meilleur point de vue sur la remise.  C’est içi que je vais nettoyer et conditionner les légumes, au moins pour les deux prochaines saisons.  C’est vraiment un bâtiment solide, mais malheureusement, il n’a pas l’eau courante ni l’électricité.  Je vais devoir passer environ 400′ de tuyau à partir de la maison pour l’eau, et presque autant en fil électrique.  Ça risque de coûter assez cher, mais on va bricoler quelque chose et s’arranger avec ce qu’on aura!

La terre ne m’appartient pas encore, je dois d’abord obtenir un dérogation de la CPTAQ pour que le propriétaire actuel puisse me la vendre.  Je m’y sent quand même chez moi, puisque c’est pratiquement ma cours arrière.  Je l’apprivoise tranquillement en allant y marcher de temps en temps.  Elle fait seulement 10 acres (un peu plus de 4 hectares), mais quand je me tiens au milieu, je n’arrive pas à croire qu’un jour je vais cultiver tout ça.  C’est une petite superficie sur papier, mais à l’échelle humaine, c’est gigantesque!  🙂