En deuxième vitesse

On passe en deuxième vitesse au Jardin du Village.  Malgré une chute de neige tardive, le printemps se rapproche rapidement, et les préparatifs commencent à presser.  La liste de chose à faire s’allonge, la fébrilité s’installe, mais on reste de bonne humeur parce qu’enfin, on peux sentir que les choses se concrétisent. Avec la pluie des derniers jours, il faut dire adieu à une saison hâtive: les semis extérieurs vont attendre la mi-mai.  Tant mieux, ça me laisse du temps pour me préparer!  🙂

Durant les journées sèches du début de la semaine, j’ai pu faire le tour de la terre et ré-examiner mon plan de match pour la saison.  J’ai finalement décidé de changer l’emplacement du jardin pour cette année, de façon à ce qu’il soit plus près de la maison et de ma source d’eau.  J’ai aussi changé ma rotation de culture pour semer moins de foin, et mettre une plus grande superficie en engrais vert de courte durée.  Je vois grand pour 2013: deux hectares en culture?  Peut-être …

J’étais à Montréal la semaine dernière pour le travail (le vrai, celui qui paye mes factures!), et j’en ai profité pour faire la tournée des grands ducs à mon retour.  Première arrêt à St-Rémi pour cueillir ma commande de matériel agricole chez Dubois.  Notamment un semoir Jang JP-1, une petite merveille de technologie agricole d’origine coréenne sur lequel je vais écrire un article bientôt.  J’ai aussi acheté du matériel d’irrigation goutte à goutte, et je dois dire que je suis très satisfait de la qualité des conseils et de la documentation qui m’as été fourni par Dubois.

J’ai continué ma tournée en m’arrêtant chez mon ami et mentor Robin de La ferme de la berceuse.  C’est toujours un plaisir de parler avec lui, vraiment motivant.  Il m’as surpris en m’annoncant qu’il est candidat du Parti Vert dans le comté de Drummond.  Hey ben, pourquoi pas!  Bonne chance aux élections!  🙂

J’ai terminé ma tournée en visitant mon vieux chum Marco qui travaille maintenant aux Serres de la Nouvelle-France, à Charette en Mauricie.  J’ai visité les serres, et j’ai longuement discuté avec le propriétaire, Jacques Dehaie (désolé, pas 100% certain de l’orthographe de son nom de famille).  C’est un immigrant français qui vient d’une famille de maraîchers de père en fils.  Il fait beaucoup de cultures typiques de son terroir (piment d’Espelette, melon charentais, etc).  Un type vraiment intéressant, qui a beaucoup d’expérience, et quand même très sympathique malgré son air bourru.  Il m’a fait cadeau d’une poignée de bulbilles d’ail et de graines de melon charentais, de la vraie semence « héritage » qu’il a apporté de France avec lui il y a quelques décennies et qu’il perpétue depuis.  Ça vaut son pesant d’or!

Depuis dimanche, ma brune et moi sommes dans les semis.  On a planté environ une vingtaine de plateaux depuis le début de la semaine.  On est à pleine capacité dans la maison: je n’ai plus de place ni sous la lampe, ni sous les néons.  J’ai décidé de me faire une couche froide à l’extérieur, près de la maison, pour sortir les oignons en attendant de les transplanter au champs.  Je me suis aussi rendu compte en début de semaine que j’avais oublié de faire mon premier semis de brocoli il y a trois semaines.  Je n’aurais donc pas de brocolis pour le marché avant la fin juillet.  Une petite erreur qui me rappelle l’importance de la planification et du suivi.

Le point culminant de la semaine, ça demeure l’arrivée triomphante lundi soir de mon père sur son Case 885, notre cheval de trait pour l’été, vibroculteur à l’arrière, fraîchement repeint et retapé pour sa nouvelle mission maraîchère.

Case 885

Marilou, agricultrice en devenir

De façon assez surprenante, la belle Marilou montre beaucoup d’intérêt pour le tracteur, et demande déjà à se faire expliquer la conduite de la machine.  À son âge, je conduisait régulièrement le tracteur, mais les moeurs ont changées depuis et je préfère attendre qu’elle passe le cap des douze ans avant de la laisser aller.

Je vous laisse avec vue sur ma terre, prise un peu plus haut dans le champ qui surplombe le mien.

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Les semenciers régionaux

Le Québec foisonne de producteurs de semence de légumes biologique.  Généralement, ce sont des artisans passionés qui produisent une grande variété de semences à petite échelle.  Avec la saison du jardinage qui arrive à grand pas, je vous en présente quelques uns parmi mes préférés.  J’espère que vous trouverez ma sélection inspirante!

Sachets de semence de La Société des Plantes

En terme d’originalité, autant dans le choix des variétés que dans la description qu’il en fait, la palme revient certainement à Patrice de La Société des Plantes.  Sur une toute petite parcelle à Kamouraska, Patrice cultive des variétés anciennes de légumes, de fines herbes et de plantes ornementales.  Son catalogue se lit comme de la poésie.  Découvrez la laitue « Grosse Blonde Paresseuse » ou encore la betterave « Crapaudine« .  C’est aussi le spécialiste des légumes rares, comme la bardane japonaise ou le cerfeuil tubéreux.  Malheureusement, la délicieuse betterave Albina Vereduna, ma préférée, n’est plus à son catalogue.  J’espère qu’elle fera un retour en 2012 …

Les Jardins du Grand-Portage de St-Didace est une attraction qui vaut vraiment le détour si vous passez dans Lanaudière.  Yves Gagnon et sa compagne Diane Mackay y entretiennent un magnifique jardin qu’il est possible de visiter durant l’été.  Esthétiquement, c’est très certainement le plus original qu’il m’ait été donné de voir.  Yves et Diane produisent aussi de la semence de nombreuses variétés de légumes, mais aussi de plantes médicinales et ornementales très originales.  Notamment, il faut voir le chardon géant et le chardon-aux-ânes, des plantes spectaculaires de taille impressionante.  Et pour ceux qui peuvent s’y rendre, Diane et Yves organisent des ateliers de formation sur le jardinage écologique et les plantes médicinales, que je recommende chaudement.  C’est durant les ateliers en jardinage d’Yves que j’ai vraiment intégré les principes de l’agriculture biologique, et c’est en revenant d’un atelier que Diane animait aux jardins à St-Didace en 2008 que j’ai pris la décision finale de quitter la ville pour revenir pratiquer l’agriculture dans ma campagne.  Mon projet leur doit beaucoup.

Une autre ferme à laquelle mon projet doit beaucoup, c’est la Ferme Coopérative Tourne-Sol, où j’ai fait plusieurs jours de stage l’été dernier.  Je vais parler de mes stages de l’été 2010 dans un article à venir, parce qu’il y a tant à dire sur la générosité de ceux qui m’ont reçu.  Pour aujourd,hui, je vais me limiter à dire que Dan Brisebois est l’un des semencier les plus innovateur que je connaisse.  Notamment, sa passion pour la culture de l’ail est contagieuse!  C’est aussi le co-auteur de Crop Planning for Organic Vegetable Growers, la bible de la planification du maraîchage biologique.  Le catalogue de semence de Tourne-Sol en est un bien garni.

Finalement, un semencier que je connais un peu moins bien, les Jardins de l’Écoumène offre aussi une belle sélection de semences de légume bio.  J’ai discuté avec son propriétaire lors de la Fête des Semences 2010 à Montréal, et je lui ai acheté une sachet de cerise de terre géantes.  On a l’habitude au Québec des cerises de terre de l’espèce physalis pruinosa, mais on connait moins l’exotique physalis peruviana.  La saveur acidulée des peruviana est beaucoup plus riche, plus complexe que celle des pruinosa.  Ils en cultivent au Jardins de l’Écoumène, et en offre la semence.  C’est assez difficile à réussir au Québec, vu que les cerises de terre peruviana nécessitent une longue saison chaude pour bien produire, mais ça vaut vraiment la peine d’essayer.

Il y a encore plusieurs autres semenciers au Québec qui mérite d’être connus, je ne les connais pas tous.  Comme j’expliquais en commentaire d’un autre article, je m’approvisionne en semence principalement chez des semenciers commerciaux à l’extérieur de la province.  Il y a des raisons techniques et économiques à ça, et je considère que la situation est temporaire.  Afin d’être pleinement cohérent avec mes valeurs, j’espère, au cours des prochaines années, commencer à m’approvisionner chez des artisans québécois, au moins pour une partie significative de mes besoins en semence.  Je vais très certainement continuer de cultiver des hybrides lorsque necéssaire, mais j’espère ajouter à mon répertoire un bon nombre de variétés à pollenisation ouverte produites localement.  En tout cas, je travaille là dessus!  🙂


Adieu la vieille remise

Vieille remise effondrée

Elle a finalement rendue l'âme!

La vieille remise s’est finalement effondrée plus tôt ce matin.  Ce n’est pas vraiment une surprise, on s’y attendait.  Toute la matinée, le vent était fort.  Vers 10h30, on a remarqué par la fenêtre que ça y était, elle ne tenait plus.  L’été prochain, à temps perdu, je vais commencer à la démanteler.  Tout un contrat!  🙂

[That’s it, the suspens is over! The old shed finally gave up to a very windy morning. The worst is to come: this will have to be cleaned up during the summer.  Oh my!  🙂 ]

 

Une meilleure nouvelle: la parcelle que je vais cultiver l’été prochain est maintenant libre de neige.  Le sol est encore gelé, mais elle semble se drainer quand même assez bien.  Malheureusement, ils annoncent plusieurs jours de pluie d’içi la fin du mois; autrement, je pourrais problablement travailler le sol avant la fin d’avril.  Mais bon, ils se trompent souvent, alors restons positif, c’est encore possible!


La ferme en avril – The farm in April

[This article has been translated inline in English for the benefit of my non-francophone friends and co-workers.]

On me demande souvent des nouvelles de ma ferme.  Malheureusement, la saison des travaux extérieurs n’étant pas commencée, il n’y a pas grand chose à dire.  Quand même, j’ai profité de mon heure de lunch pour prendre quelques photos de la terre aujourd’hui.  Avec le soleil qu’on avais, les photos sont superbes.

People often ask for news from the farm.  Well, considering the outdoor season has not begun yet, there is not much to say.  Still, I took a walk during my lunch hour today and took a couple pictures outside. A beautiful day it was, with sun shining and just a cool breeze.  Do not be fooled by the amount of snow: we had a lot this winter, and the meltdown has just begun.  In another three weeks, the ground will be bare.  And if things goes well, I shall be able to work the soil in early May.  Hopefully!  🙂

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