Canada Crookneck

J’en parle souvent, j’aimerais éventuellement m’approvisionner en semence à pollinisation ouverte chez des semenciers-artisans pour une partie significative de mes cultures.  Dans les fait, je commande encore la grosse majorité de ma semence (principalement des hybrides) chez les semenciers commerciaux.  C’est que pour la plupart de mes cultures, les volumes de semence que j’achète ne sont tous simplement pas disponibles chez les semenciers-artisans (par exemple, j’achète ma semences de carotte en sac de 10,000 ou de 100,000).  De plus, pour un bon nombre de cultures, les variétés les plus performantes sont souvent des hybrides qui sont disponibles seulement chez les grands distributeurs.  Il reste quand même un certain nombre de culture pour lesquelles les variétés à pollinisation ouvertes sont tout à fait indiquées, et pour lesquelles le volume de semence à acheter est raisonnable.  C’est le cas, notamment, des courges d’hiver.

Samedi dernier, au Gardener’s Forum de Hopetown, la conférencière Lyne Bellemare de Semences du patrimoine a présenté quelques exemples de sauvegarde de variété de légume du patrimoine.  Il était question, notamment, de la courge d’hiver Canada Crookneck.

Squash_Canada_Crookneck

Il s’agit d’une courge de l’espèce Cucurbita moschata, de la famille bien connue des butternuts.  Les butternuts sont, d’ailleur, une de mes courges d’hiver préférée, à la chair très sucrée d’une texture crémeuse.  C’est aussi une de celle qui se vend le mieux, et j’ai décidé d’en faire pousser une bonne quantité cette saison, afin d’en offrir durant les marchés d’automne et d’approvionner Baie des saveurs une partie de l’hiver.

La Canada Crookneck est réputée avoir un goût et une texture supérieur à la buttenut conventionnelle.  Elle a, par contre, un défaut fatal: son long cou, relativement mince, est apparement très cassable, ce qui rend sa manutention risquée.  En conséquence, elle a cessée d’être cultivée commercialement, et elle a pratiquement disparu des catalogues de semence il y a belle lurette.  Éventuellement, elle a été adoptée par le projet Ark of Taste de l’organisme Slow Food USA, qui a jugé que cette variété de courge méritait d’être sauvée de l’extinction vu ses qualités gustative particulière.

Comme maraîcher de proximité, c’est important pour moi d’offir à mes clients des produits qui se démarquent, et le goût des légumes que je produis est très important à ce niveau.  J’ai donc décidé de faire l’essai de cette vieille variété la saison prochaine.  Je vais planter environ 15% de mes butternut en Canada Crookneck.  Je n’ai aucune espèce d’idée des résultats.  Est-ce qu’elle va produire dans mes conditions?  Sera-t’elle aussi savoureuse que l’on le prétend?  On verra.  Si vous êtes curieux, venez nous visiter cet automne, au kioske de la ferme ou au marché, et demandez-nous une Canada Crookneck.  Et tiens, pourquoi pas, faites le test et comparez la à une butternut conventionnelle.  Vous m’en donnerz des nouvelles.  Qui sais, peut-être que j’en ferais « ma » variété de butternut dans le futur!

Pour en savoir plus sur la Canada Crookneck, je vous invite à consulter les articles suivants:

Si, par aventure, vous seriez tenté par la culture de la Canada Crookneck, la semence est disponible chez les artisans suivants:

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Commande William Dam 2013

Commande William Dam 2013

La commande de semence chez William Dam est arrivé!  À chaque année, c’est un vrai bonheur.

Cette année, j’ai concentré mes commandes chez seulement deux semenciers: William Dam (de l’Ontario), et Johnny’s (des États-Unis).  Ce sont deux semenciers qui se spécialisent dans les semences biologiques ou non-traitées, et qui s’adresse spécifiquement au producteurs maraîchers de petite et moyenne taille.  Pour une raison que j’ignore, je suis particulièrement attaché à William Dam.  Ils ont un petit charme old-fashioned, et l’aspect familial de leur entreprise m’interpelle beaucoup.  Jusqu’à date, la qualité de leurs semences ne m’as jamais déçu.  Pour les semence que j’achète en grosses quantité (comme les carottes ou les betteraves), Johnny’s est beaucoup moins cher, mais la sélection de choux et de concombre de serre est plus intéressante chez Dam.

Je me dis toujours que je vais augmenter la quantité de semence que j’achète de semenciers-artisan du Québec, mais je ne tiens pas promesse.  À part la magnifique laitue Merlot (la plus rouge de toute) et quelques variétés de courges d’hiver que j’ai pris à La société des plantes cette année, toute ma semence vient de ces deux distributeurs hors-Québec.  Il faudrait bien que je m’y mette un jour …

En 2013, venant de chez Dam, je met à l’essai la carotte Sprint, apparement prêt à récolter en 42 jours.  Je n’y crois pas vraiment, les catalogues de semence sont toujours trop optimiste avec leurs estimations pour le nombre de jours à maturité, mais on verra bien.  Si ils ont raison, j’aurais des carottes à vendre à St-Jean.

Cette année, je suis quelques semaines en retard avec mes commandes de semence; habituellement, j’aime bien commander ma semence au début du mois de janvier, pour être certain d’avoir les variétés que je veux.  Mais cet hiver, je me suis mis au repos complet du 15 décembre à la fin de janvier pour récupérer de la saison 2012, qui fût particulièrement « rock’n roll ».  Maintenant que mes batteries sont bien rechargées, je m’y remet, la pédale au tapis!


De la semence, encore de la semence

Habanero!

Encore un commande de semence est arrivée aujourd’hui.  Cette fois, c’est celle que j’ai passée chez Aux couleurs des saisons, un petit semencier québécois qui importe de High Mowing et de Turtle Tree aux États-Unis, et qui produit lui-même quelques variétés.

À chaque année, je me fait plaisir avec quelques variétés au potentiel commercial limité, mais dont la culture m’intéresse.  Cette année, c’est les piment habanero, réputé comme parmi les plus fort au monde et dont la saveur particulière est très caractéristique.  Je me suis aussi fait plaisir avec de la semence de fève soya type edamame « Shirofumi » et de panais Turga, qui a hiverné en Estrie.  J’ai hâte de voir si le edamame va se vendre au marché l’été prochain.  Autrement, ça en fera plus pour moi!  🙂


Ail!

Semence d'ail Artichoke

Il n’y a pas que les carottes qui occupent mon esprit ces jours-ci, il y a aussi l’ail! Comme je l’expliquais dans mon dernier billet, je vais vendre une partie de ma production de la saison 2012 sur le réseau Baie des saveurs l’hiver prochain.  L’ail est très certainement un des légumes d’hiver les plus populaires.  Alors, évidemment, j’espère pouvoir approvisionner en ail les clients de Baie des saveurs l’hiver prochain.

La culture de l’ail me fascine.  L’automne dernier, j’ai semé environ 150 bulbes d’ail, et une grande quantité de bulbilles.  Une partie provenait des bulbilles d’ail Rocambole que j’avais démarré en cellules au printemps 2011.  J’ai aussi semé une quantité assez considérable de bulbes et de bulbilles d’ail Porcelaine que j’ai acheté de Dan Brisebois, de la Ferme Coopérative Tourne-Sol, et de quelques autres variétés que j’ai acheté chez Boundary Garlic en Colombie-Britannique. L’automne dernier, le plan était de resemer toute ma récolte de l’été 2012, afin de grossir ma production.  C’est que je suis en mode expansion: j’espère, éventuellement, faire entre un demi-acre et un acre d’ail (si vous préférez, quelques dizaines de milliers de bulbes par année).

Mais les plans changent! Puisque j’ai décidé d’approvisionner Baie des saveurs en ail l’hiver prochain, j’ai aussi décidé d’augmenter ma production cette année, afin d’en avoir plus à vendre tout en resemant un bonne partie de ma production.  Le problème, évidemment, est que l’ail doit être plantée à l’automne pour une récolte l’été suivant.  Si je veux en avoir à vendre en plus grande quantité l’hiver prochain, je n’ai pas le choix: je vais devoir faire un semis de printemps.  Les semis de printemps d’ail demande habituellement une longue saison de croissance et ne réussissent pas toujours à notre latitude.  Mais je prend une chance quand même.

J’ai donc commandé de la semence d’ail à col mou chez Eureka Garlic à l’île-du-Prince-Edouard.  Al Picketts est un passionné qui cultive une centaine de variétés d’ail dans un climat très similaire au mien.  Ce que l’on voit sur la photo, c’est tout ce qui lui restait d’ail Artichoke, un type d’ail à col mou qui aurait peut-être des chances de réussir à partir d’un semis de printemps.  C’est le même type d’ail que celui qu’on achète dans les épicerie en provenance de Chine et d’Argentine, et avec lequel on peut faire des tresses.  Si la saison est favorable, j’aurais de l’ail à vendre l’hiver prochain.  On le saura au début du mois d’août!

 


Carottes!

Semence de carotte

Cet hiver, les carottes, j’en fait presque une obsession!  L’été dernier, c’était mon meilleur vendeur au marché, et pour cause: rien ne peut égaler le goût d’une bonne carotte bio fraîchement cueillie.  Les carottes sont tellement meilleures lorsqu’elle sont cultivé sans engrais chimique, ça se goûte tout de suite.  C’est vraiment le légume qui convertit les gens au biologique.

Alors, ce n’est pas surprenant que l’on m’a passé de grosses commandes de carotte pour l’été prochain.  Bien sûr, on va retrouver mes carottes au marché public de la Pointe-Taylor.  Mais aussi, contrairement à l’été dernier, j’espère pouvoir approvisionner les kioskes de la ferme Bourdages (Caplan, St-Siméon, Bonaventure) de la St-Jean jusqu’en septembre.  Mais ce n’est pas tout: mes amis maraîchers de la région m’ont demandés de me joindre à eux l’hiver prochain pour distribuer mes produits via Baie des Saveurs, un réseau de mise en marché de produit régionaux hors-saison, qui effectuent dix livraisons de fruits, légumes et produits transformés durant l’hiver.  Donc, en plus de vendre mes carottes fraîches en botte durant l’été prochain, je vais aussi en vendre en sac durant l’hiver 2012/13.  Tout un contrat!

Cet été, je vais cultivé huit variétés différentes de carotte.  D’abord, Nelson et Mokum, deux variétés très hâtives que j’espère commencer à récolter à la St-Jean.  Ensuite, des carotte de couleurs blanches, jaunes, rouges et mauves, que je vais avoir à mon kioske au courant du mois d’août.  Mais surtout, Bolero, une variété nantaise hybride très performante, qui fait d’excellente carotte de conservation très sucrée et croquante.  C’est celle que je préfère cultiver, puisqu’elle est très vigoureuse et qu’elle fait un feuillage abondant et solide (utile quand on récolte!).  J’essaie aussi pour la première fois Royal Chantenay, une variété à pollinisation ouverte qui est une sélection de Chantenay, le standard de la carotte depuis plusieurs décennies.  En tout et partout, je vais semer 24 planches de 150′, presque la moitié de mon jardin l’été prochain.

Et la culture, ça commence toujours avec de la bonne semence.  Ce que l’on vois sur la photo, c’est environ 75% de mon stock de semence pour la saison 2012.  100,000 graines de Bolero et une livre de semence de Royal Chantenay (environ 200,000 graines) qui arrivent tout juste de William Dam.   Oui, vous avez bien lu: 300,000 graines de carotte, trois cent mille.  Et le pire, c’est que j’ai peur d’en manquer!  Alors, quand je vous dit que les carottes, j’en rêve la nuit, c’est sérieux.  🙂


Première commande de semence de la saison

Je viens juste de finir mes commandes de semence et de fourniture pour 2012, et déjà la première arrive!  Cette année, c’est celle de William Dam qui est arrivé la première.  En chemin, une autre commande, un peu plus petite, devrait me parvenir de Johnny’s, un semencier américain très réputé chez les maraîchers bio.

Cette année, j’ai concentré le gros de ma commande chez William Dam, un semencier ontarien.  J’aime faire affaire avec Dam.  D’abord, étant une entreprise canadienne, je n’ai pas de problème avec les douanes quand je commande chez eux.  Ensuite, ils sont vraiment très raisonnable sur les frais de transport: 6.95$, peu importe la grosseur de la commande (par comparaison, une commande plus petite chez Johnny’s me coûte 75$ de frais de transport).  Et contrairement à ce que j’ai écrit sur mon blog l’hiver dernier, Dam est maintenant très rapide sur la livraison: c’est arrivé deux jours après que j’ai passé ma commande.  Mais le plus important, c’est que j’ai toujours été très satisfait de la qualité des semences reçus.  Quand on cultive commercialement, la qualité des semences est primordiale: un mauvais lot peut nous faire perdre beaucoup de temps et d’argent.  Jusqu’à date, William Dam est fidèle à sa devise: des semences de qualité.  Comptez-moi parmi les clients satisfaits!

Pour ceux qui trouvent que c’est tôt pour commander des semences, dites-vous que les premiers semis intérieurs commencent à la fin de février (les oignons sont les premiers à être démarrés).  La saison arrive vite, surtout quand on pense que j’ai commencé les travaux de planification il y a déjà deux mois.  Cette année, avec la serre que j’ai monté en décembre, la saison de culture va commencer beaucoup plus tôt que l’an passé.  Encore deux ou trois semaines tranquilles, et puis ce sera la pédale au plancher jusqu’en octobre.  J’en peux plus d’attendre!  🙂


Tomates

Vigoureux jeunes plants de tomate Sun Gold

Vigoureux jeunes plants de tomate Sun Gold

Ce matin, j’ai drageonné mes 70 plants de tomate.  Les tomates, c’est le légume (ou plutôt, le fruit!) que je préfère cultiver, et de loin.  C’est le zen qui rempli mon esprit quand je travail les plants de tomate qui m’as accroché au jardinage, et qui m’as éventuellement convaincu de me lancer en agriculture.  Les tomates, c’est aussi la première culture que j’ai vraiment bien réussi, dans le minuscule jardin de ma résidence d’Anjou en 2007.

Quand je faisais mes stages à La Ferme de la Berceuse chez mon ami Robin Fortin l’été dernier, l’entretien des plants de tomate était ma tâche préférée.  Il faut dire que Robin est un expert de la culture des tomates, et que ses plants était vraiment superbes.  Je passais deux ou trois heures à tous les samedi à les drageonner, les enrouler et les désherber.  Chaque plant avait toute mon attention pour 30 secondes.  Je finissait le travail focusé, énergisé.  Ça me rendait vraiment heureux.

Cette année, je cultive deux variétés: Stupice, un cultivar à pollenisation ouverte de tomate « salade » rouge, réputé très goûteux et hâtif, et Sun Gold, la meilleure tomate-cerise d’après le catalogue Johnny’s.  Ce qui est vraiment intéressant, c’est de voir les différence entre les cultivar.  Sun Gold, un hybride, fait un plant très vigoureux, très uniforme, d’un vert très profond.  Stupice, comme plusieurs autre variété à pollenisation ouverte, montre beaucoup de diversité génétique: les plants sont volubiles, moins uniforme, et parfois on remarque des mutations intéressantes, comme des feuilles qui poussent sur les grappes de fleurs.  Stupice est aussi une variété dite « à feuille de patate », parce que les feuilles ne sont pas dentelées comme celle des cultivars plus moderne.  Vraiment, une belle plante à cultiver.

J’ai gardé les drageon dans un seau pour faire du purin.  C’est la première fois que j’en fait.  J’en reparlerais dans un autre article.  Maintenant, au champ tandis qu’il fait beau!